Femmes dans la tech : comment Ludivine participe à la structuration de la stratégie QA chez ses clients ?

Ludivine a rejoint SSID en juillet 2025 dans le cadre d’une mission fonctionnelle chez l’un de nos clients dans le retail. En coordination avec les équipes produit pour la recette transverse, elle conçoit les cas de test en fonction des exigences et les exécute par la suite puis remonte les anomalies aux équipes. Etant garante de la qualité globale du produit, elle donne son GO ou NOGO pour la MEP selon les retours de sa recette. Dans cette interview, Ludivine nous explique son parcours en tant que Test Analyst, et surtout son ressenti d’être une femme dans la tech.
Avant d’entrer dans le monde de la QA, quel était ton parcours professionnel ?
« A l’origine je viens du monde du jeu vidéo, j’ai fait des études dans l’infographie 3D, j’ai un côté assez artistique. Je m’occupais de créer les environnements en 3D et je travaillais avec beaucoup de soft 3D et les différents outils de texturing. Après l’obtention de mon master en 2018, c’était une période assez compliquée avec la COVID donc j’ai pris un job de factrice mais je savais que je n’allais pas en faire carrière. »
Comment as-tu découvert le métier de testeuse QA ?
« Ayant des amis reconvertis dans l’IT, je me suis renseignée pour suivre le parcours, sachant que ça ne m’éloignait pas trop du jeu vidéo en travaillant avec des programmeurs. J’ai donc décidé de faire une reconversion mais j’étais un peu allergique au code. Je suis tombée sur une annonce pour une formation avec SSID via M2i formation en test logiciel, j’ai regardé ce que c’était, l’état du marché, les débouchés et les évolutions de carrière.
Cette formation m’a beaucoup parlé, lorsque j’étais à l’école, on testait des jeux vidéo en projet et j’aimais déjà beaucoup. Je me suis dit « aller, let’s go ! On verra ce que ça donne ! » mais j’étais dans l’optique de me dire que ce sera un métier provisoire, en attendant de vraiment pouvoir entrer dans le jeu vidéo. Quand j’ai commencé la formation avec M2i, j’ai surtout aimé la partie automatisation que je pensais détester ! Étrangement, après deux semaines d’initiation à Python, j’ai trouvé ça beaucoup plus plaisant et ça m’a conforté dans l’idée de faire ça par la suite. »
Que s’est-il passé pour toi à l’issue de cette formation ?
« Une fois que j’ai passé la certification ISTQB, j’ai été prise en stage pour un mois chez Winerise, une application dédiée aux vignerons (gestion de stock, caisse, boutique en ligne etc.), puis j’y ai été embauchée en CDI. À mon arrivée, il n’y avait pas d’équipe QA. Une personne est intervenue temporairement pour amorcer la stratégie de test, que j’ai ensuite reprise et structurée. C’est à ce moment-là que j’ai pu mettre en pratique l’automatisation des tests avec Playwright. Cependant, étant en full remote j’étais assez éloignée des équipes et je n’avais pas l’impression d’être bien intégrée. Après la fin de ma mission fin 2024, j’ai passé un peu de temps à retrouver une mission puis j’ai pu démarrer chez SSID en rejoignant une mission chez un client l’été 2025. »
D’après toi, quelles compétences techniques et humaines sont essentielles pour réussir dans ce métier ?
« Pour moi, ce n’est pas vraiment une compétence technique mais c’est une compétence primordiale, c’est d’avoir une appétence technique, avoir envie de se renseigner et de se tenir à jour. Dans le jeu vidéo, c’est la même chose. Il faut être à jour sur les derniers softs, les dernières techniques et savoir être assez curieux. Il ne faut pas rester sur ses acquis pour ne pas se retrouver vite dépassé, surtout dans les métiers de l’IT.
Côté soft skills, il est important de savoir bien s’intégrer à l’équipe et s’adapter au contexte du client et des missions que l’on nous propose ? A la fin de l’onboarding, c’est normal d’avoir encore des questions mais c’est important de bien comprendre les tenants et aboutissant du projet. »
Peux-tu me parler un peu de ton quotidien, les rituels… ?
« Généralement, le matin on commence par un daily « transverse » ou « recette » et on présente les tâches à faire de la journée (écriture et exécution des cas de test, gestion des anomalies etc.). On évoque les difficultés s’il y en a. Comme je suis testeuse transverse sur mon projet, je connais toutes les applications qui gravitent autour de l’application principale. J’essaie de faire avancer le projet de bout en bout en passant par les différentes applications, par exemple en préparant les jeux de données, selon les demandes des Business Analysts. »
En tant que femme dans un univers encore assez masculin en 2025, comment réussis-tu à te faire une place dans les équipes ?
« Pour moi, il faut surtout pouvoir s’imposer un minimum, prendre les devants et montrer qu’on est là en proposant des idées pour être écouté et pour être perçu comme quelqu’un de compétent. »
As-tu déjà été confrontée à des stéréotypes dans ton travail ? Si oui, comment les as-tu gérés ?
« Je n’y ai jamais été confrontée pour le coup, j’ai toujours été entourée de personnes plutôt bienveillantes. »
Selon toi, qu’est-ce qui pourrait encourager davantage de femmes à rejoindre les métiers du numérique ?
« A mon sens, une meilleure communication sur les métiers afin de retirer certaines craintes. Quand on pense métiers du numérique, on pense souvent au développement mais il n’y a pas que ça. Il y a aussi les métiers de test analyst, business analyst, product owner, etc.
Il y a beaucoup de métiers qui gravitent autour du domaine de l’IT mais le code c’est souvent ce à quoi on pense le plus. C’est d’ailleurs, comme je le disais, ce qui me faisait peur avant de me reconvertir. Tous ces métiers-là peuvent aussi bien correspondre à des hommes comme à des femmes.
Dans le domaine du jeu, il y a des associations comme « Women in game » qui va donner confiance aux femmes et les motiver pour rejoindre ce secteur donc j’imagine qu’il existe aussi ce type d’associations dans l’IT. »
Comment vois-tu ton évolution dans les années à venir ?
« Étant actuellement sur une mission fonctionnelle, je me vois plus évoluer vers de l’automatisation et aller vers plus de technique. Après le secteur du retail, où je suis actuellement en mission, j’aimerais peut-être aller vers le domaine de la cybersécurité, c’est un secteur que je trouve assez intéressant et que je ne connais pas donc pourquoi pas ? »
L’interview a été réalisée par Claire Jacob, chargée de recrutement.
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